Volcana Breathwork

Le breathwork actif

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Après les techniques douces, voici l'autre versant du breathwork : les techniques actives, ou respiration à haute ventilation. Ici, on ne cherche pas à calmer le système nerveux mais à l'activer volontairement, en intensifiant le rythme et la profondeur de la respiration, généralement en cycles de plusieurs dizaines de minutes, allongé ou assis, les yeux fermés. C'est ce qui permet, chez certaines personnes, de faire remonter des tensions ou des émotions logées dans le corps.

Voici plusieurs approches parmi les plus pratiquées, leurs origines, et comment elles fonctionnent, sans entrer dans le détail des rythmes et des durées précises : ce sont des pratiques qui demandent un minimum d'accompagnement, pas à reproduire seul·e à la légère.

Le Breathing Fire (respiration du feu)

Aussi appelée « respiration du feu », cette technique vient du Kundalini Yoga, popularisé en Occident par Yogi Bhajan dans les années 1960. Elle se pratique uniquement par le nez, à un rythme rapide et régulier, en pompant le nombril : il rentre à l'expiration, et se relâche à l'inspiration. C'est une respiration tonique et énergisante, pensée comme un coup de boost plutôt que comme une descente en soi.

Elle se pratique généralement assis, les yeux fermés, en plusieurs cycles courts entrecoupés de moments de respiration naturelle par le nez. Comme elle demande de la concentration sur le rythme et le mouvement du ventre, elle se pratique le plus souvent sans musique. Certaines personnes rapportent des sensations proches de celles décrites en respiration holotropique : picotements, chaleur, changements de perception.

Le 10-20-30

Le 10-20-30 est un protocole progressif de respiration active : des séries de respirations rapides par la bouche, de plus en plus longues, suivies à chaque fois d'une apnée poumons vides, elle aussi de plus en plus longue. Contrairement au Breathing Fire, elle se pratique en respirant profondément plutôt que superficiellement, assis ou allongé.

L'objectif n'est pas de battre un record de rétention, mais d'explorer progressivement la sensation de manque d'air dans un cadre maîtrisé. La séance se termine toujours par un retour au calme de plusieurs minutes, pour intégrer ce qui vient de se passer, avant de recommencer un second tour si on le souhaite.

La méthode Wim Hof

Développée par le Néerlandais Wim Hof, surnommé « Iceman » pour ses exploits dans le froid, cette méthode combine une respiration spécifique, l'exposition au froid et un travail sur l'engagement mental. Elle se pratique allongé, uniquement par la bouche, avec des respirations profondes et connectées, sans pause entre l'inspiration et l'expiration, un peu comme si on respirait à travers une paille.

Le principe : plusieurs tours de respirations complètes, chacun suivi d'une rétention poumons vides puis d'une courte rétention poumons pleins, la durée des rétentions augmentant à chaque tour. La méthode a suscité l'intérêt de plusieurs équipes de recherche, notamment sur ses effets sur le système immunitaire et la réponse au stress, même si les résultats précis restent débattus et ne permettent pas encore de tirer de conclusions définitives.

Le rebirthing (Leonard Orr)

Développé dans les années 1970 par l'Américain Leonard Orr, le rebirthing part d'une intuition : nos mémoires de naissance, et les éventuels traumatismes qui y sont liés, influenceraient notre psychisme et certains blocages à l'âge adulte. La pratique propose donc un chemin de libération émotionnelle à travers une respiration fluide, continue, circulaire et connectée, sans pause entre l'inspiration et l'expiration ni entre les cycles, un peu comme une vague.

Il existe trois façons de la pratiquer, chacune avec un effet différent : inspirer et expirer par le nez, plus apaisante ; inspirer par le nez et expirer par la bouche, plus énergisante et propice à l'exploration émotionnelle ; inspirer et expirer par la bouche, la plus puissante, pensée pour amplifier la libération émotionnelle et énergétique. Les séances durent environ 50 minutes, ce qu'on appelle parfois une « hyperoxygénation », sans apnée, avec de la musique en soutien et peu ou pas de visualisation, contrairement à d'autres approches plus guidées.

La respiration holotropique (Stanislav et Christina Grof)

Développée au milieu des années 1970 par le psychiatre Stanislav Grof et son épouse Christina, à l'institut Esalen en Californie, la respiration holotropique doit son nom au grec « holos » (entier) et « trepein » (aller vers), soit littéralement « aller vers l'entier ». Stanislav Grof avait mené des milliers de séances de psychothérapie assistée par LSD avant que son usage clinique ne soit interdit ; avec Christina, il a cherché une méthode sans substance capable d'induire des états de conscience modifiés similaires.

La technique repose sur une respiration accélérée et plus profonde que la normale, maintenue pendant une durée prolongée, accompagnée d'une musique évocatrice qui soutient et intensifie l'expérience intérieure. Un·e accompagnant·e formé·e peut proposer un travail corporel (pressions, contact) si des tensions ou des blocages émergent pendant la séance.

Une séance dure généralement entre deux et trois heures, et se termine souvent par la réalisation d'un mandala (« cercle » en sanskrit) et un temps de partage en groupe, pour mettre des mots sur ce qui vient d'être traversé. Elle se pratique presque toujours en groupe encadré, jamais seul·e.

Des pratiques à ne pas prendre à la légère

Ces techniques n'ont ni la même origine ni le même déroulé, mais elles partagent un principe commun : elles intensifient volontairement la respiration, ce qui peut faire remonter des sensations physiques fortes (picotements, vertiges, chaleur) ou des émotions inattendues. Ce n'est pas un effet secondaire à minimiser, c'est justement ce qui en fait des outils puissants de transformation.

C'est aussi pour cette raison qu'on ne les improvise pas seul·e à la légère : elles demandent un cadre, un accompagnement, et de connaître ses propres contre-indications avant de se lancer.

Pour aller plus loin

  • Les fondamentaux de la respiration : Échange gazeux, diaphragme, homéostasie : les bases de la respiration avant de parler de breathwork, du plus doux au plus actif.
  • Le breathwork doux : Respiration diaphragmatique, sophrologie, cohérence cardiaque, box breathing, 4-7-8 : les techniques de respiration douce, leurs origines et leurs bienfaits.
  • Découvrir la pratique en détail : les bienfaits, le déroulé d'une séance et pourquoi la faire en ligne.
  • En savoir plus sur Justine, certifiée Coach-Praticienne en Breathwork Trauma-Informé (Breathwork Académie).